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Stratégies Formations

Il y a deux ans, un client viticulteur m’a dit une phrase que j’ai entendue cinquante fois depuis : « J’ai essayé, ça m’a sorti un truc générique, j’ai arrêté. »

Il avait raison d’arrêter. Ce qu’on lui avait montré, c’était l’outil. Personne ne lui avait montré le travail.

La bonne question n’est pas « comment ça marche »

On vous vend beaucoup d’explications sur les grands modèles de langage, les jetons, les paramètres. C’est passionnant et parfaitement inutile pour vous. Vous n’avez pas appris comment fonctionne un moteur thermique avant de conduire.

La question utile est celle-ci : quelles sont, dans ma semaine, les trois tâches que je fais avec ma tête mais sans plaisir ?

Pas les tâches difficiles. Les tâches fastidieuses. Reformuler un devis. Rédiger le compte rendu d’une réunion dont vous avez pris des notes en vrac. Répondre poliment à un client mécontent. Traduire une fiche technique. Écrire la même explication pour la quinzième fois.

C’est là que l’IA vous rend du temps. Pas dans la stratégie, pas dans la décision : dans la mise en forme de ce que vous savez déjà.

Pourquoi vos premiers essais ont échoué

Parce que vous avez écrit une demande de sept mots. « Rédige un mail de relance client. »

L’outil ne vous connaît pas. Il ne sait pas que ce client vous doit 3 200 €, que c’est la deuxième relance, que vous tenez à la relation, et qu’il est susceptible. Alors il produit la moyenne de tous les mails de relance du monde : générique, tiède, inutilisable.

Une demande qui fonctionne contient cinq choses : le contexte (qui, quoi, quel historique), le format attendu (un mail de dix lignes, un tableau, une note), le destinataire (à qui ça s’adresse et ce qu’il doit ressentir), l’intention (obtenir un paiement sans casser la relation), et un exemple de ce que vous appelez « bien ».

Écrivez ça, vous obtenez un texte que vous n’aurez qu’à retoucher. C’est la différence entre dix minutes et deux heures.

Ce que ça demande vraiment comme temps

Deux jours pour la bascule. Pas deux semaines, pas six mois.

Le premier jour sert à comprendre la mécanique et à produire vos premiers livrables réels. Le deuxième à fiabiliser : faire évoluer une demande qui rate, construire vos modèles, repérer ce qu’il ne faut surtout pas confier à une IA.

Ensuite, il faut pratiquer. Trois semaines d’usage quotidien et le geste devient naturel — comme le tableur, que vous avez fini par maîtriser sans jamais suivre de cours d’algèbre.

Les limites, qu’on vous cache rarement par malice mais souvent par paresse

Une IA générative se trompe avec assurance. Elle inventera un article de loi, un chiffre, une référence, sur le même ton tranquille que le reste. Tout ce qui est factuel et vérifiable doit être vérifié — c’est non négociable.

Elle ne connaît pas votre entreprise sauf si vous le lui dites, à chaque fois.

Et il y a ce que vous n’avez pas le droit d’y mettre : les données personnelles de vos clients, un contrat confidentiel, un dossier médical, les éléments de paie de vos salariés. Cette partie-là s’apprend, et elle vaut à elle seule le déplacement.

Par où commencer cette semaine, sans rien dépenser

  1. Notez pendant trois jours chaque tâche de rédaction ou de mise en forme, et le temps qu’elle vous a pris.
  2. Prenez la plus fréquente. Une seule.
  3. Écrivez votre demande avec les cinq éléments ci-dessus. Faites-la en huit lignes plutôt qu’en sept mots.
  4. Comparez avec ce que vous auriez produit vous-même. Corrigez la demande, recommencez.

Si au bout de trois essais vous obtenez quelque chose d’utilisable, vous avez votre réponse : ça marche, et vous savez maintenant sur quoi vous faire accompagner pour aller plus vite.


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